Un article sur PORT COTON

 
 Cet article est paru dans le quotidien LE TELEGRAMME du vendredi 7 avril 2006. L’auteur en est Hervé Queillé que je remercie.
 
 Qui a volé les peintures de guerre ?
 
Avec « Port Coton » (*) , Alain Lozac’h s’attaque au polar. Sans négliger pour autant son dada : l’Histoire. Au final, une passionnante enquête sur le devenir des œuvres d’art « déplacées » ou volées durant les conflits armés « modernes ».
« C’est en travaillant sur mes précédents ouvrages sur la Résistance que m’est apparue cette problématique : que sont devenues les peintures qui ont été évacuées des musées ou volées aux juifs et autres collectionneurs ? », explique l’auteur, ingénieur au conseil général des Côtes-d’Armor, dans le civil.

Monet à Belle-Ile-en-Mer

Il faudra pourtant un autre élément déclencheur pour qu’Alain Lozac’h se décide à écrire sur le sujet. En l’occurrence un séjour à Belle-Ile-en-Mer. Il découvre que Claude Monet a peint 39 toiles inspirées par les pyramides de Port Coton, à proximité du village de Kervilahouen. C’est le point de départ de l’intrigue, une balade au cœur de réseaux actuels et des déplacements de toiles de grande envergure durant la Seconde Guerre mondiale. « En fait, la nécessité d’évacuer des œuvres d’art de musées est née pendant la guerre d’Espagne. C’est la première fois que l’on sort la grosse artillerie, que l’on bombarde massivement des villes ». Les trésors du Prado sont ainsi déplacés au gré de l’avancement du front jusqu’en France.

Pour le III e Reich

En France où déboulent les armées allemandes, quelques années plus tard : « Des équipes spécialisées du III e Reich, sous les injonctions de Goering, grand amateur d’art, étaient chargées d’aller prendre les collections des juifs qui avaient fui l’Allemagne et l’Autriche lors de la montée du nazisme.

Idem dans les musées. Hitler, qui voulait bâtir le III e Reich pour 1.000 ans, avait pour projet de bâtir un énorme musée européen. D’où cette collecte des œuvres les plus représentatives dans tous les pays occupés ». A la fin de la Guerre, les alliés récupèrent les toiles dans des mines de sel allemandes. Certaines retrouveront leur place dans les musées, d’autres leur propriétaire privé mais beaucoup resteront sans « maître » : « Il y a ainsi dans les musées français des toiles dont on n’a jamais retrouvé " les propriétaires " ».

Les « trophées de Staline »

Certains descendants se battront pour récupérer leurs biens dans la famille. Pas simple; d’autant plus que les Russes, eux aussi, ont fait « leur marché » lors de la chute du Reich. En sommeil dans les réserves des musées soviétiques, ces « trophées de Staline » commencent à réapparaître en Europe de l’Ouest par des « voies détournées ». Bref, un contexte fantastique pour un écrivain qui ne s’est pas privé de jongler avec quelques mafias du sud de la France dans « Port Coton » : « Le roman, c’est moins contraignant, plus souple qu’un travail d’historien; par contre, il faut plus d’imagination. Raconter l’Histoire et raconter une histoire, c’est différent ! »
* Editions Siloe, www.siloe.fr

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Hervé Queillé

 

Alain Lozac’h, avec « Port Coton », est parti sur les traces des œuvres d’art disparues pendant la Seconde Guerre mondiale. (Photo H.Q.)
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