une balade sur les quais de Cancale au Conquet

De Cancale au Conquet. Balade sur les quais ( article paru dans LE TELEGRAMME lundi 11 décembre 2006 )
 
C’est à une balade de trois siècles qu’Alain Lozac’h invite le lecteur à parcourir sur les quais des ports de Bretagne Nord. Un riche patrimoine mais aussi une histoire trop méconnue. Une lacune comblée par un ouvrage superbement illustré.
Depuis qu’il a pris la plume pour conter l’histoire des routes de Bretagne, cet ingénieur au conseil général des Côtes-d’Armor, spécialisé dans les nouvelles technologies de la communication, n’en finit plus d’écrire, à la vitesse de la fibre optique.

Trois siècles de légende

Après la Résistance et un roman, ce sont les ports de Bretagne Nord qui inspirent ce bel ouvrage de 300 pages. Bien qu’omniprésents sur notre littoral, on ne les connaît pas, explique l’auteur. Et pourtant, cela fait plus de trois siècles qu’ils bordent nos côtes. Même si le commerce maritime est intense au Moyen Âge, vers la Normandie, l’Aquitaine, l’Angleterre et la péninsule ibérique, il faut attendre la période 1750-1770 pour que des ports dignes de ce nom soient construits. Et ce, grâce au duc d’Auguillon, qui s’appuie sur une administration structurée : ingénieurs de la Marine, Ponts et Chaussées, Amirauté.

Déclin et renouveau

Mais, à la fin du XVIII e , les ports sont en triste état, n’étant plus entretenus. Puis, le trafic est réduit à néant du fait de la guerre avec l’Angleterre. Seul l’armement de navires corsaires donne un peu de « travail » aux équipages sans emploi.

 

La Monarchie de Juillet relance la machine pour un siècle qualifié d’âge d’or de l’aménagement du littoral : le balisage, des sémaphores et des stations de sauvetage accompagnent la construction de môles, jetées, quais et bassins à flot pour faire face au transport de marchandises ou la pêche en Islande. Les deux guerres mondiales, la concurrence de la route, la fin de la pêche lointaine sonnent le glas des ports bretons. Le développement de la plaisance et de l’agroalimentaire, de la pêche et des transports maritimes, durant les 30 dernières années, leur redonnera tout leur lustre.

Qualité architecturale et esthétique

Les hiérarchies dessinées il y a trois siècles, selon les dynamismes locaux – les maîtrises d’ouvrages étaient locales, financées par les taxes sur le trafic et les octrois des villes – sont toujours respectées. Saint-Malo domine le trafic de marchandises et de voyageurs, face à un Roscoff qui tire bien son épingle du jeu alors que Le Légué et Tréguier font des efforts pour rester dans la course. En revanche les ports de la baie de Saint-Brieuc, modernisés, ont pris une place de choix sur le marché des produits frais et coquillages, Loguivy, Pors Even, Roscoff, Moguériec et le Conquet se distinguant dans la pêche aux crustacés. Pour nourrir son propos, fort sérieux et documenté, Alain Lozac’h, lui, est allé à la pêche aux anecdotes. Ce qu’il retiendra, avant tout, c’est l’exceptionnelle qualité architecturale et esthétique des ouvrages. Il est vrai qu’il est plus plaisant de se promener le long d’une jetée en pierres taillées que sur un enrochement réalisé par des pelles mécaniques.

Hervé Queillé

 

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